Le millésime 1990, chaud et généreux, s’est magnifiquement développé. Dans le verre, il affiche une robe grenat profonde, avec une évolution évidente sur le bord. Le nez est riche et complexe : cerises séchées, prunes et cassis, suivis de notes de cuir, de tabac, de cacao et d’une touche balsamique. Avec un peu d’aération apparaissent également des nuances terreuses et une subtile épice — cette stratification typique qui rend les vieux vins toscans si fascinants.
En bouche, le vin se montre étonnamment vif pour son âge. La structure s’est assouplie, mais la fraîcheur du sangiovese le maintient parfaitement en équilibre. Le fruit s’entrelace délicatement avec les arômes tertiaires d’épices, de bois et de fleurs séchées. La finale est élégante et harmonieuse, avec une profondeur sereine que seul le temps peut offrir.
Côté accords, je pense aux préparations toscanes classiques : ragoûts de bœuf ou de gibier, pappardelle au ragù, ou simplement une viande rôtie aux herbes. Son caractère se révèle aussi très bien avec des fromages affinés.
Après plus de trente ans, ce Concerto 1990 est un vin qui se déguste avant tout avec attention. Il est clairement dans sa phase de maturité, mais possède encore suffisamment de vitalité pour captiver. Un beau rappel d’une époque où la Toscane commençait à dévoiler son visage moderne — et où Fonterutoli a largement contribué à cette évolution.