Ce vin est élaboré à partir de 100 % de sangiovese, appelé localement brunello. Le millésime 2010 a été particulièrement réussi à Montalcino, et cette bouteille a magnifiquement évolué. Le nez révèle des cerises rouges mûres et des fleurs séchées, puis des notes de zeste d’orange, de tabac, de cuir et d’herbes méditerranéennes. À l’aération apparaissent également des nuances terreuses et balsamiques. L’évolution est nette, mais le fruit reste remarquablement frais.
En bouche, le vin est raffiné et précis. Les tanins sont bien fondus, tout en donnant encore de la structure à l’ensemble. C’est surtout l’association d’une acidité fraîche, de fruits rouges mûrs et de notes légèrement savoureuses et épicées qui lui confère une élégance particulière. Ce n’est pas un Brunello lourd ou massif, mais un vin tendu et long, qui gagne en intérêt au fil du temps dans le verre.
Côté accords, je pense à la cuisine toscane traditionnelle : pappardelle al ragù di cinghiale, agneau rôti ou bœuf, bistecca alla fiorentina et plats aux champignons. Un Pecorino Toscano bien affiné serait également un très bel accord.
Le 2010 est aujourd’hui à un superbe moment de dégustation. Il a bénéficié d’un vieillissement en bouteille suffisant pour révéler toute sa complexité, tout en conservant la fraîcheur et la structure nécessaires pour évoluer encore pendant au moins cinq à dix ans. Pour ma part, je n’hésiterais pas à l’ouvrir dès maintenant : c’est précisément à ce stade qu’un Brunello classique commence à troquer sa fougue juvénile contre la finesse, les nuances et la profondeur.
A presto, Salute !